Les invités

Aurélien Vernhes-Lermusiaux

Aurélien Vernhes-Lermusiaux est né et a grandi à proximité des Causses, environnement désertique du sud de la France. Très tôt, il développe un intérêt pour les espaces abandonnés et les fantômes qui les peuplent. Il réalise des films de fiction, des documentaires et des installations interactives qui interrogent la notion de « trace » et les questions de « mémoire ».
Après un BTS audiovisuel et des études universitaires à La Sorbonne en cinéma et philosophie, il prolonge son parcours au Fresnoy, studio national des arts contemporains, avant d’intégrer l’atelier scénario de La Fémis.
Il a collaboré avec des cinéastes tels qu’André Téchiné, Sharunas Bartas et a travaillé sur les films de Jacques Audiard, Youssef Chahine, Elia Suleiman… Ses films ont été sélectionnés dans des festivals nationaux et internationaux et ont été récompensés à plusieurs reprises. Son travail a également été projeté et exposé dans différents musées et centres d’art. En 2021, son premier long métrage de fiction Vers la bataille a obtenu le Prix Louis-Delluc du meilleur premier film.

Marielle Issartel

Marielle Issartel est principalement monteuse mais aime circuler dans d’autres domaines, alterner le travail en groupe et le travail solitaire, transmettre son expérience et plonger dans des domaines dont elle ignore tout.
Après le lycée, où elle milite contre la guerre d’Algérie, elle devient un pilier de la Cinémathèque française et crée avec un groupe d’amis le ciné-club Zéro de Conduite, coté pour l’originalité de sa programmation.
En 1966, elle fait un premier stage de montage puis rencontre, sur L’Écume des Jours, Charles Belmont, lequel est devenu son compagnon et avec qui elle a collaboré pour tous ses films.

Au long des décennies, elle a travaillé comme cheffe-monteuse dans tous les aspects du cinéma et de la télévision : longs métrages, courts, documentaires, téléfilms, reportages et magazines, films publicitaires, films institutionnels, films expérimentaux. Elle a co-réalisé Histoires d’A avec Charles Belmont et L’audace d’y croire avec David Delrieux, et écrit de nombreux scénarios avec Charles Belmont – dont un seul sera tourné, Pour Clémence.

Côté militantisme, après l’Algérie, elle rejoint en 1966 les Comités Vietnam de base, puis La Cause du Peuple en 68, ensuite un petit groupe mao travaillant auprès des immigrés, jusqu’à Histoires d’A où elle rejoint définitivement le combat féministe.
Pendant toutes ces années, elle a aussi écrit quelques livres.
Depuis la mort de Charles Belmont en 2011, elle fait vivre son œuvre en restaurant ses films et en les éditant en DVD.

Jacques Choukroun

Jacques Choukroun est Docteur en histoire, expert en cinéma et Maître de conférences à l’Université Paul-Valéry. Sa passion pour le cinéma est née en Algérie, où étudiant à la faculté d’Alger, il crée, en 1963, le premier ciné-club.
En 1968, Jacques Choukroun est à Paris Sorbonne puis, en 1980, le voici dans l’Hérault où il lance Traversées (le Festival du cinéma méditerranéen de Lunel).
En 2006, il est le fondateur, avec Pauline Richard et Oriane Espinosa des Films des Deux Rives, structure qui distribue des films méditerranéens (fictions autant que documentaires) en salles de cinéma. La société soutient la diffusion de films engagés, supports de débats avec les spectateurs. Les Films des Deux Rives participent également, chaque année, à la programmation de la manifestation Regards sur le Cinéma Algérien dans toute la région Occitanie.
Jacques Choukroun est également l’auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma et l’histoire de l’Algérie.

Sofia Exarchou

Sofia Exarchou est née à Athènes. Elle a étudié le génie électrique et l’informatique à l’École Polytechnique Nationale d’Athènes, la réalisation à l’École Hellénique de Cinéma et de Télévision Lykourgos Stavrakos et le théâtre au Stella Adler Studio of Acting à New York. En 2014, elle a été la première à représenter le cinéma grec au Sundance Screenwriters & Directors’ Lab.
Son premier long métrage, Park, a fait sa première mondiale au Festival International de Toronto et au Festival International de San Sebastian, où il a remporté le Prix des Nouveaux Réalisateurs (New Directors Award).
Son deuxième film, Animal, a été sélectionné à L’Atelier (Festival de Cannes) et a fait sa première mondiale au Festival International de Locarno, où il a remporté le Prix de la Meilleure Interprétation Féminine. Animal a également remporté le Prix du Meilleur Film aux Festivals Internationaux de Thessalonique, Cork et de Vancouver, sept Prix aux Iris Awards de l’Académie Hellénique du Cinéma (Meilleur Film, Réalisateur, Scénario, Actrice, Actrice dans un second rôle, Montage, Son) ainsi que des prix dans de nombreux autres festivals.
Animal a aussi été nominé pour le Prix Cinématographique Européen du Public (prix LUX) 2025.

Myrtianna Kanellou

Née à Athènes, Myrtianna Kanellou a découvert le cinéma au Trianon, une des plus anciennes salles de la ville.
Elle a collaboré avec la Cinémathèque grecque pour la restauration et la valorisation du patrimoine cinématographique.
Restauratrice d’œuvres d’art, elle s’est spécialisée à Paris dans la préservation des archives audiovisuelles, notamment à l’iNA.
Son expérience en milieu pénitentiaire, où elle encadre un atelier de numérisation patrimoniale, renforce son engagement pour une culture ouverte et accessible à tous.
Aujourd’hui investie dans la médiation, elle développe entre la Grèce et la France des projets culturels qui tissent des liens entre les films, leur histoire, les territoires et les publics.

Evgenia Giannouri

Evgenia Giannouri est maîtresse de conférences au département d’Études cinématographiques et audiovisuelles de l’Université Sorbonne Nouvelle.
Ses travaux s’inscrivent dans le champ du cinéma élargi et du tournant documentaire des arts visuels, et développent plus récemment une analyse de la notion de « maison », envisagée comme dispositif spatial et politique permettant de cartographier un monde contemporain traversé par le néo-impérialisme et les crises environnementales et géopolitiques.
Sa démarche, résolument interdisciplinaire, articule des corpus hétérogènes (fiction, documentaire, cinéma expérimental, films d’exposition) et des cadres théoriques issus de l’histoire et de la philosophie de l’art, de l’anthropologie sociale, des études postcoloniales et des humanités environnementales. Elle s’attache à analyser la manière dont les images filmiques contribuent aux processus par lesquels le monde, au-delà de la représentation, est défini, problématisé et continuellement reconfiguré.

Pierre Carles

Pierre Carles, réalisateur depuis plus de 25 ans, est l’auteur de plusieurs longs métrages documentaires indépendants pour les salles de cinéma. Ses sujets de prédilection : la critique des médias, la remise en cause du salariat, l’histoire des mouvements de lutte armée. Il est également l’auteur de portraits filmés de personnalités indépendantes combattant les idées reçues, comme le sociologue Pierre Bourdieu ou le Professeur Choron.

En 1998, Pierre Carles et Annie Gonzalez fondent C-P Productions pour produire le film Pas vu, pas pris, collaboration qui se poursuivra pour tous les autres films de Pierre Carles. Depuis sa création, C-P Productions produit essentiellement des longs métrages documentaires présentant un angle politique et critique assez marqué sur les problématiques de société. Ces films ont une belle carrière en salles en France (et ils circulent aussi à l’étranger), dans le secteur commercial grâce au travail de distributeurs indépendants, et en non commercial.
Ils sont devenus des références car les sujets sont d’avant-garde et le traitement original et impertinent.

Hélène Merlin

Hélène Merlin commence le théâtre en 2000 puis monte à Paris pour devenir comédienne. Elle bifurque vers la médiation culturelle et la radio, devient reporter pour France Musique puis chroniqueuse culture pour Le Mouv’, et développe des ateliers pédagogiques à Radio France et à La Villette. Formée en parallèle comme journaliste reporter d’images à l’école des Gobelins, elle développe une web-série de formats courts pour Publicis puis réalise un court métrage expérimental autoproduit.
Dans le cadre de l’Atelier Scénario de la Fémis 2017, elle écrit son 1er scénario de long métrage, Cassandre. Inspiré de son histoire personnelle et enrichi par plusieurs années de thérapies et de lectures d’essais de psychologie et de sociologie, le film est tourné à l’automne 2023 et sort au cinéma en 2025.

Yannis Youlountas

Philosophe et réalisateur franco-grec, Yannis Youlountas est aussi animateur de goûters philo avec les enfants, chercheur en pédagogie coopérative et critique de la fabrique médiatique de l’opinion.
Depuis 2008, il participe aux mobilisations sociales en Grèce, les rapporte en articles, photos, livres et films, et organise des actions et des convois solidaires.
Yannis est membre de plusieurs des collectifs présentés à l’écran, en particulier à Exarcheia et en Crète depuis une quinzaine d’années.
En 2013, son film Ne vivons plus comme des esclaves a commencé à porter la parole du mouvement social grec sur tous les continents, suivi, deux ans plus tard, par le film Je lutte donc je suis, puis par L’Amour et la Révolution en 2018. Nous n’avons pas peur des ruines est son quatrième long métrage. Lors de cette Rencontre, Yannis interviendra sur l’histoire et l’actualité des luttes en Grèce.

Théo Sorroche

Docteur en histoire et journaliste de formation, Théo Sorroche est auteur et réalisateur de films documentaires. Il travaille régulièrement pour l’émission Invitation au voyage sur Arte pour laquelle il tourne dans différents endroits du monde. C’est à l’occasion de l’un de ces tournages, à Angers, qu’il découvre l’histoire méconnue de Christine Brisset. Il rencontre, à cette occasion, le petit-fils de Christine et plusieurs personnes qu’elle a relogées dans les années 1950.

Au même moment, Camille Thomine, critique littéraire, lit le livre d’une auteure belge consacrée à la même Christine Brisset. Ensemble, ils décident d’écrire et de réaliser Christine Brisset, justicière des sans-logis, diffusé en mars 2025 sur France 3. La réalisation du film sur Christine Brisset et les rencontres qu’elle a engendrées les poussent à s’intéresser de près à l’histoire du mal-logement et ils travaillent aujourd’hui sur deux films portant sur l’histoire de l’immigration portugaise et sur les bidonvilles de la banlieue parisienne.

Costa-Gavras

Costa-Gavras est avant tout un cinéaste unique et exemplaire.
Unique parce que c’est le seul, dans l’histoire du cinéma, à avoir situé ses films dans autant de pays et de continents différents – la Grèce, la France, l’Europe de l’Est, le Proche-Orient, les États-Unis, l’Amérique latine… C’est aussi le seul à toujours avoir amené le cinéma sur le terrain politique et sur les lieux des grands bouleversements du monde. Ses films ne se sont jamais dérobés aux événements internationaux qui ont secoué la planète. De Z à La Main droite du diable en passant par L’Aveu, État de siège, Missing ou Hanna K, combien de coups d’État, de dictatures, de luttes armées ? Unique enfin parce qu’il n’a jamais baissé les bras et nous a toujours fait lever le poing.
Donc exemplaire, à la fois cinématographiquement et politiquement. Mais encore unique parce que, étrange paradoxe, aucun cinéaste n’a malheureusement suivi son exemple avec autant de constance.
« Toujours en quête de vérité et de justice face aux grands dangers qui menacent l’humanité » dit Edwy Plenel dans la série documentaire Le Siècle de Costa-Gavras.
« Le plus américain des cinéastes français » a-t-on souvent pu lire à son sujet. C’est un compliment mais Costa-Gavras préfère se définir plus simplement : « Je suis un cinéaste français, né grec. »
Il a été contraint de quitter la Grèce à 19 ans pour poursuivre ses études (parce que les enfants de communistes n’avaient pas le droit de s’inscrire en faculté !). C’est à Paris qu’il a étudié le cinéma. Il a réalisé son premier film Compartiment tueurs en 1965.
S’en est suivie une carrière exceptionnelle et mouvementée de 21 longs métrages (dont il a écrit la plupart des scénarios) qui se passent dans le monde entier.
Costa-Gavras est marié avec Michèle Ray-Gavras depuis 1968.
C’est aussi le président de la Cinémathèque française.

Dominique Abel et Fiona Gordon

Dominique Abel et Fiona Gordon forment un duo de comédiens et réalisateurs indissociable. Ils fondent ensemble une maison de production, Courage mon amour. Ils créent tour à tour pour la scène et pour le grand écran. Après avoir réalisé trois courts métrages, ils se lancent dans leur premier long, L’Iceberg (2005). Suivront Rumba (2007), La Fée (2010), Paris pieds nus (2016) et L’Étoile filante (2023).

Abel et Gordon développent un comique visuel et burlesque très physique, dans la veine des clowns ou des Buster Keaton, Laurel et Hardy ou encore Jacques Tati. Avec une touche de fantaisie poétique qui nous fait voir le monde autrement.

Pour leur carte blanche, ils nous ont proposé deux titres en dehors de leur filmographie et des chefs-d’œuvre de leur panthéon, comme Je sais où je vais ou Trois Amigos ! de John Landis. Deux films moins connus, entre romance et burlesque.

Michelle Ray-Gavras

Michèle Ray était déjà aventurière avant d’épouser Costa-Gavras. À la fois mannequin chez Chanel et journaliste, elle était aussi une pilote automobile chevronnée entre l’Argentine et l’Alaska.

Journaliste indépendante entre 1963 et 1977, elle a couvert les luttes communistes au Vietnam (où elle fut capturée) et en Bolivie (pour la mort de Che Guevara). De son expérience parmi les Viet-Congs, elle a réalisé un épisode du film collectif Loin du Vietnam (1967) de Chris Marker.

En 1971, en reportage lors des élections en Uruguay, elle est kidnappée par un groupe anarchiste, alors que son mari Costa-Gavras était lui aussi en Uruguay pour préparer son film État de siège.

Michèle Ray-Gavras est ensuite devenue productrice de cinéma, notamment pour les films de Costa-Gavras, mais aussi de Mehdi Charef et de Tony Gatlif.

Edwy Plenel

Le nom d’Edwy Plenel est essentiellement associé au site d’information Médiapart, qu’il a fondé en 2008 et dirigé jusqu’en 2024. Mais il est une grande figure du « journalisme d’investigation à la française » depuis bien plus longtemps, remarqué par ses enquêtes et ses révélations sur la plupart des affaires de la présidence de François Mitterrand.

Ancien militant trotskiste, il a débuté comme journaliste à Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire. Puis, il a rejoint le journal Le Monde en 1980 dont il est devenu directeur de la rédaction de 1996 à 2004.

Auteur de nombreux essais, dont Tous les films sont politiques avec Costa-Gavras, il est aussi l’auteur de la série documentaire Le Siècle de Costa-Gavras qui raconte à travers l’œuvre du cinéaste les tourments de notre monde.

Vladimir Rodionov

Vladimir Rodionov et Avril Tembouret se sont rencontrés à l’adolescence sur les bancs du cours Florent. Ils ont depuis régulièrement travaillé ensemble pour le web et la télévision, tout en menant leurs carrières respectives de réalisateurs.

Vladimir Rodionov a participé à la création du studio Golden Moustache en tant que directeur artistique. Il a ensuite créé deux séries auxquelles Avril Tembouret a participé en tant qu’auteur : Ma Pire Angoisse (Canal +), lauréate du festival de Luchon et Les Emmerdeurs (YouTube Premium), sélectionnée au festival de La Rochelle.
Il réalise actuellement son premier long métrage de fiction.
En parallèle, ils se sont lancés il y a plus de dix ans sur les traces du cinéaste oublié Alexandre Trannoy.

Avril Tembouret

Avril Tembouret a investi le documentaire par le biais de portraits d’artistes intimistes, dont L’Histoire de la page 52, consacré au travail de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin sur la bande dessinée Valérian. Ses films s’attachent souvent à des figures disparues, dont il tente de saisir l’aura discrète et persistante : L’Enigme Chaland, sur le dessinateur Yves Chaland,
Le Chercheur inquiet, autour de la figure du comédien Charles Denner, et Le Voyage de Mastorna, pièce pour la Comédie-Française, pour laquelle il réalise un film d’après le scénario inachevé de Federico Fellini du même nom.

ZoOPhoniC

ZoOPhoniC, ce sont deux instrumentistes : un guitariste et un batteur entourés d’un dispositif de machines fait de samplers et d’ordinateurs. Ce laboratoire de sons est installé en deux pôles, de part et d’autre de l’écran de cinéma. Il s’y joue : effluves post rock, ballades crépusculaires, montées en puissance électro…. La froideur mécanique des machines triturées est tour à tour détournée et habitée de mélodies et rythmes, nés des instruments « historiques » que sont la guitare électrique et la batterie.
En proposant un espace de sons qui utilise tous les outils de création sonores contemporains, il s’agit de mettre en perspective un des grands classiques du cinéma muet : Go West de et avec Buster Keaton. ZoOPhoniC, dans l’habillage sonore proposé, jusque dans les bruitages choisis et déclenchés en direct, ne cherche pas à reproduire une musique, une ambiance « d’époque ».
ZoOPhoniC souligne, accompagne Keaton dans ses entreprises à haut risque : parfois frontalement, mais aussi par des chemins de traverse où drame et humour se mêlent.

Julien Mauri

Nicolas Hillion