Le cinéma indépendant et sa diffusion

Retrouvez ici tous les films de la section Cinéma Indépendant

En 1995, Lucas Belvaux écrivait pour l’édito de l’ACID aux Rencontres cinématographiques de Dunkerque :
« Depuis la création de l’Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion, partout où elle est présente, se pose la question du «i» de Acid. En quoi sommes nous «indépendants», de qui, de quoi, qu’est-ce que le cinéma indépendant ? »

Et il proposait trois définitions :

• La première est financière : « Les mécènes se faisant rares, c’est vers les financiers

qu’il faut se tourner. L’intérêt de ces derniers n’étant pas le cinéma mais la finance, ils veulent être rassurés, ils demandent des gages, des garanties. Le cinéaste indépendant n’en donne pas. »

• Deuxième définition : « Le cinéma est un art et l’industrie est son contraire. Et quand l’art perd du terrain, l’industrie en gagne. »

• Troisième définition : « Celui qui fait des concessions pour plaire est au mieux un faiseur, au pire un escroc, pas un créateur. L’indépendance, c’est la singularité du rêve, l’unicité du point de vue. C’est préférer l’acteur que demande le rôle à celui qu’attend le public. C’est choisir de s’adresser à des spectateurs plutôt qu’à une foule hypothétique. »

La FCCM (et la FFCC avant elle) y souscrit sans réserve, et défend cette vision du cinéma depuis plus de 60 ans, que ce soit à la Rencontre Cinéma de Pézenas ou au sein du réseau de ciné-clubs.
C’est un travail de fond que nous menons, visant à développer une cinéphilie curieuse et exigeante, à créer des situations favorables pour que des œuvres singulières rencontrent leur public.

Ce travail s’inscrit dans le temps long, loin de l’urgence médiatique, de la cohue des sorties nationales et de la sanction du box-office.

La Rencontre est un moment privilégié pour découvrir des films et échanger avec ceux qui les font exister, le lieu idéal pour prendre le temps de s’interroger sur la diffusion de ces œuvres :
Quelle est la place du cinéma indépendant sur les écrans ? Quelles stratégies déployer pour gagner en visibilité ? Quels modèles économiques inventer ? Comment s’organise le réseau ?

LA TABLE RONDE : 

Pour répondre à ces questions, nous avons souhaité réunir des professionnels, cinéastes et distributeurs, lors d’une Table-ronde qui aura lieu le mardi 20 février au Cinéma à l’issue de la séance du film Notre histoire :

• Philippe Elusse, distributeur DHR
• Emmanuelle Millet, cinéaste ACID
• Antoine Page, cinéaste et distributeur La Maison du Directeur

NOTRE HISTOIRE

Vincent DIETSCHY FRANCE – 2022 – 2H03               –EXCLUSIVITÉ-

Mardi 20 à 14h30 au Cinéma

Avec : Anastasia Robin, Olivier Martinaud, Maïlys Favraud

Vincent Dietschy raconte l’histoire d’un personnage qui est en partie lui, sans être lui. En 2015, dans le onzième arrondissement de Paris, l’alter ego de Vincent, Jean, un cinéaste au creux de la vague, rencontre Stacy, une actrice en devenir. Cette rencontre donne naissance à un film qui est aussi une tragi-comédie moderne, une lettre d’amour à une femme, un hommage à un quartier victime du terrorisme, un autoportrait, une critique sociale, le récit d’une relation où le désir sexuel et l’urgence de travailler ensemble se mêlent.

« Pendant dix ans, salle après salle, une seule salle à la fois. » Telle est la stratégie de distribution singulière de ce film.
La Rencontre Cinéma de Pézenas accueille la deuxième séance de ce pari fou.

« Et dans ce film, pour le coup, le désir est partout : dans ce que ça raconte, dans ce que ça produit, dans la façon dont c’est fabriqué, dans l’expérience de distribution alternative totalement inédite par laquelle il ira à la rencontre du public Les Fiches du Cinéma

ÉTAT LIMITE

Nicolas PEDUZZI France – 2023 – 1h42 – Mercredi 21 à 17h30 au Cinéma
AVANT-PREMIÈRE ACID

 

Révélateur de la crise de l’hôpital public, ce documentaire suit l’unique médecin psychiatre de l’hôpital Beaujon de Clichy. Dévoué à ses patients, il tâche d’apaiser leurs douleurs, d’écouter leur parole, de les protéger de leurs propres démons. Réquisitoire féroce et tendre sur la situation de la médecine psychiatrique, le réalisateur pose tout au long de son film la question suivante : comment bien soigner dans une institution malade ?

« Entre dénonciation et dégagement d’une ligne de fuite, État limite
dresse le portrait d’un héros moderne qui prouve que, même sous la pire des contraintes, même au sein d’un système qui a fait les choix les plus condamnables, l’individu conserve une liberté présentant des capacités de résistance insoupçonnées. » Le Mag du cinéma

LAISSEZ-MOI

Maxime RAPPAZ Suisse/France/Belgique – 2023 – 1h32 – Mercredi 21 à 09h00 Cinéma
AVANT-PREMIÈRE ACID
Avec : Jeanne Balibar, Thomas Sarbacher, Pierre-Antoine Dubey

Claudine consacre toute sa vie à son fils. Toutefois, chaque mardi, elle s’offre une plage de liberté et se rend dans un hôtel de montagne pour y fréquenter des hommes de passage. Lorsque l’un d’eux décide de prolonger son séjour pour elle, Claudine en voit son quotidien bouleversé et se surprend à rêver à une autre vie.

« Tous les mardis, Claudine a un rituel qui lui est propre, parfaitement
rodé. On l’observe : d’abord sa démarche, puis son regard, sa
gestuelle, sa façon toute à elle de mener la danse, de prendre et de donner avec élégance. Le regard charmeur, le sourire enjôleur, le verbe mesuré, elle nous captive et nous éblouit par sa simple façon d’être, son chic… Cette présence fascinante est aussi le lieu de tensions profondes et de mouvements contradictoires, entre l’affirmation puissante de sa liberté et l’acceptation absolue de sa condition de mère qui, malgré (ou à cause de) son amour, l’empêche et la contraint. » ACID

NOME

Sana Na N’HADA Guinée-Bissau – 2023 – 1h57- AVANT-PREMIÈRE ACID

Mardi 20 à 21h00 au Cinéma

Guinée-Bissau, 1969. Une guerre violente oppose l’armée coloniale portugaise aux guérilleros du Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap Vert. Nome quitte son village et rejoint le maquis. Après des années, il rentrera en héros. Mais la liesse laissera bientôt place à l’amertume et au cynisme.

« Le film suit plusieurs personnages, sans que l’on puisse parler
pour autant d’œuvre chorale, et ajoute une touche d’onirisme à
des événements le plus souvent tragiques. Le spectateur ne sera
évidemment pas insensible à cette grâce poético-fantastique. Les qualités visuelles de Nome sont indéniables, dans une narration où l’on sent que le cinéaste a voulu jeter toutes ses forces dans la bataille. » Sens Critique

TOUBIB

Antoine PAGE France – 2023 – 2h05 – Mercredi 21 à 21h00 au  Théâtre
AVANT-PREMIÈRE

 2010. Angel, 18 ans, choisit de « faire médecine ». Antoine, son frère, décide de suivre son parcours, et se lance dans un film qui durera douze ans. Douze ans d’apprentissage, du marathon d’examens aux premières consultations, de l’adrénaline des stages en hôpitaux aux méditations solitaires d’un jeune médecin de campagne. Douze ans de vie ponctués de remises en question et de prises de conscience, qui conduiront Angel à s’engager en faveur d’une médecine sociale. Trajectoire singulière sur fond de pandémie, Toubib est un voyage au cœur de notre « état de santé » : ce qui nous lie à la vie, à la mort.

En 2015 nous recevions Antoine Page à la Rencontre et nous proposions au public de découvrir ses films Chalap, Une Utopie Cévenole et C’est assez bien d’être fou. Nous le recevons près de 10 ans après avec un projet au long cours déjà amorcé à l’époque, Toubib, un film où s’affirme la radicalité de son style, et où l’intime et le politique s’imbriquent dans chacun des plans.